Depuis le parking du Laus (2047 m), montée au lac d'Allos puis au Mont Pelat (3050 m). 1000 m de D+, le plus haut lac naturel d'Europe, panorama Mont Viso-Écrins-Mercantour, faune (marmottes, chamois) omniprésente.
Bienvenue dans le Mercantour, un parc magnifique et plus sauvage que ses homologues. C’est ici que j’ai rencontré le plus d’animaux, surtout en dehors de la haute saison. On est dans le domaine des chamois et des marmottes, ces dernières parfois moins farouches — probablement à cause du tourisme de masse, mais c’est tout bénéf pour le randonneur qui sort son téléobjectif.
Aujourd’hui, direction le point culminant de la vallée du haut Verdon : le Mont Pelat, 3050 m. L’ascension démarre du parking du Laus à 2047 m, ce qui rend la rando relativement abordable en dénivelé. Il existe un itinéraire plus court, mais je vous recommande le détour par le lac d’Allos et le refuge du même nom. Ça ne rallonge pas beaucoup, et ça vaut vraiment le coup.
Le lac d’Allos — plus haut lac naturel d’Europe


Le lac d’Allos est un des joyaux du Mercantour. Au début de la saison, quand la neige est encore présente sur les trois pics qui le bordent, le spectacle est grandiose. Pour en profiter à ce stade, viser fin mai ou début juin selon l’état de la fonte.
Le refuge du Lac d’Allos se niche juste au-dessus, petits chalets en bois, chapelle en pierre, drapeaux qui claquent. C’est l’endroit idéal pour faire le plein d’eau, grignoter, et repartir.
Traversée du plateau et approche du Pelat


Après le lac, on emprunte un chemin forestier relativement plat qui rejoint doucement l’alpage dans un décor splendide. Mélèzes, blocs erratiques, clairières — l’ambiance change toutes les 10 minutes. Ensuite, on attaque la montée dans un pierrier un peu surréaliste. Le terrain est sec, pas l’ambiance la plus flatteuse visuellement, mais ça n’enlève rien à la splendeur : le lac se réduit peu à peu en arrière-plan, et on prend de la hauteur à bon rythme.
Marmottes, chamois et bouquetins


C’est là que le Mercantour tient ses promesses. On a croisé un petit troupeau de chamois posés sur des dalles rocheuses, qui nous ont regardés avec cette curiosité tranquille des bêtes qui n’ont pas peur. Plus haut, les marmottes sifflent à chaque détour, et au sommet, on aperçoit même quelques bouquetins qui tiennent salon sur les arêtes.
Prenez le temps. Ça fait partie de la rando.
Les 50 derniers mètres — un peu plus engagés
Avant d’aborder la dernière partie, on atteint un col où le spectacle se révèle : vue sur les Alpes italiennes, le Mont Viso et le Queyras. On comprend alors pourquoi on s’est donné tant de mal.
Après un arrêt bien mérité pour admirer ce panorama, on aborde les 50 derniers mètres de dénivelé jusqu’au pic. Cette partie est plus difficile : raide, un peu aérienne, très rocheuse. J’ai vu pas mal de personnes s’arrêter au col, ce qui est compréhensible — ça demande un minimum d’expérience et d’aisance sur ce type de terrain. Ce n’est pas de l’alpinisme, mais ce n’est plus de la rando pépère non plus.
Au sommet — panorama 360°


Au sommet, la vue à 360° est ce qu’on est venu chercher. En plus de l’Italie et du Mont Viso, on aperçoit le parc national des Écrins et ses sommets de plus de 4000 m. Par temps clair, on peut même voir le Mont Ventoux. En se retournant, le parc du Mercantour se dévoile, avec le lac d’Allos qui paraît désormais bien plus petit qu’en partant.
Le retour se fait principalement par le même itinéraire. Pour ceux qui veulent varier, il y a une bifurcation à droite qui rejoint le parking sans repasser par le lac.
Infos pratiques
1000 m de D+ sur 18 km, comptez 6h à 7h selon le rythme et les pauses (et les arrêts faune, qui sont nombreux). C’est une des plus belles randonnées du Mercantour, accessible sans être débonnaire. Le parking du Laus est payant en saison (10 €) et la réservation est recommandée en juillet-août — sinon, venez tôt.
La saison idéale va de mi-juin à mi-septembre. Hors saison, les névés peuvent compliquer les 50 derniers mètres, et le refuge est fermé. Un coup de fil à l’OT d’Allos pour confirmer les conditions vaut toujours le coup avant de démarrer.
Infos pratiques
Point de depart
Depuis Barcelonnette ou Saint-Martin-d'Entraunes, rejoindre le Val d'Allos puis continuer jusqu'au parking du Laus (2047 m). Route étroite et caillouteuse sur la fin. Parking payant en saison (10 €) — réservation recommandée sur le site de l'OT ou venue tôt. Alternative : partir de plus bas sans frais, ajoute 300 m de D+ et 4 km.
Trace GPX
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Refuge du Lac d'Allos · 2226m
Refuge privé posé en bordure du lac, ouvert de juin à septembre. Idéal pour une pause au bord de l'eau ou une nuit avant d'attaquer le Pelat au lever du jour.
Office de Tourisme (conditions a jour)
Office de Tourisme du Val d'Allos
Place de la Coopérative, 04260 Allos
Trace Garmin
Galerie
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Meteo — Allos
Conditions et previsions pour l'itineraire
En montagne, les conditions changent vite. Un orage peut devenir dangereux, le brouillard desoriente, la neige residuelle allonge les passages. Avant de partir, consultez les bulletins, prevoyez une fenetre meteo stable, et en cas de doute, appelez l'Office de Tourisme ou le bureau des guides.
Apprendre a lire la meteo en montagne →Questions fréquentes
Quel est le niveau technique des 50 derniers mètres ?
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Raide, aérien, rocheux : on grimpe un peu entre les blocs. Pas de difficulté alpinisme, mais il faut être à l'aise sur ce terrain. Beaucoup de randonneurs s'arrêtent au col, la vue y est déjà superbe.
Peut-on faire le Pelat sans passer par le lac d'Allos ?
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Oui, il existe un itinéraire plus court qui évite le lac. Dommage : le lac d'Allos est le plus haut lac naturel d'Europe et vaut le détour, surtout fin mai-début juin quand les sommets qui l'entourent sont encore enneigés.
Y a-t-il beaucoup d'animaux à observer ?
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Oui, c'est un des parcs les plus sauvages de France. Marmottes (parfois peu farouches), chamois, bouquetins, gypaètes. En dehors de la haute saison (juillet-août), les observations sont encore plus fréquentes.















