Depuis Ustou (1036 m), itinérance de 2 jours dans les Pyrénées ariégeoises : Pic de Couillac, Pic de Soune et nuit en cabane de bivouac. 22 km cumulés, 2000 m de D+, hors sentier par moments, ours dans le coin. Une aventure rare — pas pour débutants.
En 2023, nous faisions un périple en van dans les Pyrénées avec mon binôme, mon amie de montagne. Nous avions déjà accompli plusieurs ascensions, des Pyrénées orientales jusqu’à l’Ariège, les jours précédents. Mon amie avait repéré le tracé sur un blog rédigé par deux randonneurs expérimentés. Ce fut probablement l’aventure la plus éprouvante de notre séjour 2023.
J’avais redessiné le tracé sur ma montre, mais après un passage à l’Office du Tourisme, un itinéraire un peu plus sécurisé nous a été conseillé. Nous partons avec les sacs bien chargés — une nuit en altitude, dans une cabane de bivouac, s’impose.
Montée au Port de Couillac — rudement dosée


Les premières heures sont difficiles. Comme souvent dans ces contrées, les chemins sont compliqués : rochers, herbes hautes et pentes marquées. Nous gagnons doucement de l’altitude pour enfin atteindre le pied du Pic de Couillac. Nous arrivons à un col, appelé ici le Port de Couillac. Avec près de 1500 mètres de dénivelé déjà dans les jambes, nous attaquons l’ascension du Pic du même nom.
Couillac puis Soune — crête engagée


Après le Pic de Soune, nous perdons le chemin malgré le GPS. Ces endroits ne sont pas très fréquentés, et même les cairns ont disparu. Nous devons désescalader des barres rocheuses alors que nous ne sommes pas équipés pour cela, prenant ainsi des risques. Il nous faut trouver la cabane avant la nuit, et l’après-midi défile rapidement.
Après les barres rocheuses, nous atteignons les alpages, mais la végétation luxuriante rend la progression difficile, rendant presque impossible de voir où nous posons les pieds. Le poids des sacs complique encore plus notre avance. Nous décidons de jouer les équilibristes sur les amas de rochers qui ont dévalé les pentes au fil des années.
La cabane à 21h — exténués mais sains et saufs


Le crépuscule approche et la nuit tombe. Nous ne sommes pas équipés pour le bivouac sans tente, et les ours rôdent dans les environs (on est en Couserans). Enfin, vers 21h, nous trouvons la cabane. La nuit tombe, nous sommes exténués.
Après un bain rapide dans le lac voisin, mon amie va se coucher. Je reste dehors pour admirer le coucher de soleil, un moment privilégié qui me rappelle l’impermanence de toutes choses. Un vent chaud souffle extrêmement fort, signe d’un changement de temps inéluctable.
Coucher de soleil — le cadeau de la journée


C’est le moment qui rachète tout. La mer de nuages s’étend en bas, les sommets alentour émergent comme des îles, le soleil décline lentement. On oublie la fatigue, les sacs trop lourds, l’orientation perdue dans les dalles. C’est pour ces 20 minutes qu’on est venu en fait — même si on ne le savait pas.
Jour 2 — descente sous la pluie
Le lendemain, nous redescendons dans la vallée sous la pluie, mais la tête pleine de souvenirs. La météo a tourné comme le vent chaud nous l’avait annoncé la veille — on prend le timing, on plie tôt, on rentre au sec au van.
Une sacrée aventure, mais ça en valait le coup.
Infos pratiques
22 km et 2000 m de D+ en deux jours, sac chargé pour bivouac. Ne vous lancez pas là-dedans sans expérience solide : hors sentier par moments, désescalade, orientation, et la solitude du Couserans (peu de randonneurs, secours lents). Avoir GPS, carte papier, réchaud, eau + filtre, trousse de secours, et partager votre plan avec quelqu’un qui pourra donner l’alerte.
Pour les conditions, un coup de fil à l’Office de Tourisme du Haut-Couserans est essentiel — ils vous diront l’état du parcours, la fréquentation de la cabane, les conditions de visibilité dans la zone de désescalade.
Infos pratiques
Point de depart
Depuis Saint-Girons, rejoindre Seix puis Ustou. Au bout de la route, parking du Cirque de Cagateille (1036 m). Dernière section en piste caillouteuse, accessible en voiture basse par temps sec. Zones d'ombre rares, partir tôt en été.
Trace GPX
Importez la trace GPS dans votre montre ou application (Garmin Connect, Komoot, Gaia GPS, Iphigenie...). Rando sur 2 jours — 2 traces separees.
Se connecter pour telecharger (2 GPX)Office de Tourisme (conditions a jour)
Office de Tourisme du Haut-Couserans — Seix
Place de l'Allée, 09140 Seix
Trace Garmin
Galerie
19 photos — cliquez pour agrandir
Meteo — Ustou
Conditions et previsions pour l'itineraire
En montagne, les conditions changent vite. Un orage peut devenir dangereux, le brouillard desoriente, la neige residuelle allonge les passages. Avant de partir, consultez les bulletins, prevoyez une fenetre meteo stable, et en cas de doute, appelez l'Office de Tourisme ou le bureau des guides.
Apprendre a lire la meteo en montagne →Questions fréquentes
La cabane de bivouac est-elle ouverte toute l'année ?
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Oui, c'est une cabane non gardée, ouverte en libre accès. Première arrivée, première servie. Prévoir matelas + duvet + réchaud + eau (à prendre dans le lac voisin, filtration recommandée). Quelques places seulement — par beau week-end d'été, il vaut mieux avoir une tente en backup.
Quel niveau technique est requis ?
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Élevé : plusieurs sections hors sentier, désescalade de barres rocheuses (pas équipées), orientation indispensable (cairns absents par endroits). Ce n'est pas pour les débutants. Avoir GPS et carte, partir tôt, et savoir renoncer si la météo tourne.
Y a-t-il des ours dans la zone ?
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Oui, le Couserans fait partie de la zone de présence des ours pyrénéens. Rencontres rares, mais possibles. À la cabane, stocker toute nourriture à l'intérieur et éviter les déchets alimentaires dehors. Un bruit humain normal suffit à éviter 99% des rencontres.











