Je m’appelle David, le Belge Alpin. Depuis quelques années je partage ici mes randonnées, essentiellement en solo, dans les Alpes, les Pyrénées, un peu ailleurs, et aussi en Belgique parce que c’est là que je vis et travaille une bonne partie de l’année. Jusqu’à cette semaine, le site tournait sur Zoho Sites. Ça faisait le boulot, mais je plafonnais. Aujourd’hui vous lisez la refonte complète.
Cet article, c’est une visite guidée. Ce qui a changé, ce que vous pouvez faire ici, et un point franc sur l’intelligence artificielle, parce que la question va venir.
Pourquoi j’ai refait le site
Zoho est un bon outil pour démarrer. On ne paie pas cher, on a un éditeur visuel, on publie un article sans se prendre la tête. Mais au bout d’un moment, on touche les limites. Pas de comptes utilisateur. Pas de vraie carte. Pas de collections. Pas de retours terrain structurés. Aucun moyen d’imaginer la suite.
Or j’avais en tête un vrai projet. Pas une usine à contenu type AllTrails, pas une plateforme qui pousse au volume. Quelque chose de plus artisanal, plus engagé, plus proche du récit de course que du guide rapide. Un endroit où un randonneur peut venir chercher un itinéraire documenté, lire une histoire de sortie, voir les photos, télécharger la trace, et éventuellement laisser un retour si quelque chose a changé sur le terrain.
Pour ça, il fallait sortir de la boîte.
Ce que vous pouvez faire maintenant
Sans compte
Tout le contenu reste lisible. Fiches rando, photos, récit, métriques, trace GPS visible, massif, saison idéale, conseils sécurité, retours terrain publics laissés par d’autres. Vous pouvez aussi parcourir la carte interactive qui regroupe toutes les sorties documentées, filtrer par cotation, par pays, par massif.
La liste des randos est filtrable : par région, par engagement, par année. Les piliers /belgique et /via-ferrata rassemblent les sorties spécifiques.
Avec un compte
Créer un compte prend trente secondes. Pas de mot de passe : vous recevez un lien magique par email, vous cliquez, c’est fait. Ensuite on vous demande de valider un court disclaimer sécurité (la montagne reste la montagne, personne ne randonne à votre place), et vous êtes dedans.
Un compte débloque :
- Le téléchargement des traces GPX quand je les partage. Certaines randos n’en ont pas, soit parce qu’elles sont trop évidentes sur carte IGN, soit parce que la trace officielle reste chez le gestionnaire (FFRando, CAB, etc.).
- Les coordonnées précises du départ et les liens Waze/Google Maps, pour éviter de partager sur internet les parkings sauvages qui finissent par poser problème aux locaux.
- Marquer une rando comme faite. Votre profil tient votre collection. Au bout de cinq randos validées, le système vous reconnaît comme utilisateur confirmé et vos retours/commentaires passent en publication directe (sans modération préalable).
- Laisser un retour terrain quand quelque chose a changé : passage endommagé, refuge fermé, danger objectif, info d’actualité. C’est un système différent du commentaire classique, plus structuré, plus utile à celui qui viendra après vous.
- Commenter les articles. Modération souple mais réelle.
- Gérer votre profil : pseudo, avatar, ce que vous rendez public ou privé, votre niveau, vos tags favoris. Et le RGPD est pris au sérieux : vous pouvez exporter toutes vos données en un clic, ou demander la suppression complète avec une période de grâce de sept jours.
Rien n’est imposé. Vous pouvez rester complètement anonyme, ne cocher aucun champ public, et utiliser le site comme un randonneur silencieux. C’est le comportement par défaut.
Un mot sur l’intelligence artificielle
La question va venir, autant prendre les devants.
Je n’ai pas utilisé l’IA pour écrire ce site. Tous les récits de rando que vous lisez ici sortent de moi, de mes notes sur le terrain, de ma mémoire, de mes photos. Je raconte mes sorties. Les émotions, les erreurs, les descriptions de lieux, les conseils pratiques, c’est du vécu, pas une synthèse. L’IA passe en relecture, elle corrige une faute, suggère de casser une phrase trop longue, relit le frontmatter technique. C’est un correcteur, pas un rédacteur.
Par contre, j’ai utilisé l’IA pour coder. Massivement. Ce site tourne sous Astro, sur un serveur que je gère, avec une base Supabase pour l’authentification, du stockage S3 chez Scaleway pour les photos, un CDN, des scripts de déploiement automatisés, du monitoring. Je ne suis pas développeur de formation, je suis CEO d’une société belge de télécoms VoIP, avec un profil d’ancien admin système. Mais ça fait six mois que je travaille tous les jours avec ces outils, et ça n’a plus grand-chose à voir avec “j’ai demandé à ChatGPT de me faire un blog”.
Ce site, c’est la sortie d’une architecture que j’ai construite patiemment pour encadrer l’IA et l’amener à produire du code propre, maintenable, sécurisé. Des agents spécialisés par domaine, des compétences (skills) documentées, des règles de qualité par projet, une mémoire persistante qui évite de répéter les mêmes explications d’une session à l’autre, des garde-fous pour éviter les dérapages. L’IA fait le gros du travail d’écriture de code, mais c’est moi qui décide du plan, qui valide chaque brique, qui teste en conditions réelles, qui fixe les priorités. On travaille en binôme, pas en dictée.
Mes atouts, ce sont mes années passées à brancher des API, à automatiser des flux, à déboguer des infras en production. Tout ce qui tourne autour du code, je sais le faire. Ce que l’IA apporte, c’est la vitesse d’exécution, la régularité des conventions, et le fait de ne jamais se lasser de commenter et documenter ce qu’elle produit. Sans cette équipe, je n’aurais jamais pu livrer un site de cette taille, seul, après le travail, en quelques semaines.
C’est une utilisation un peu moins courante que la mode “j’écris mon site avec l’IA”. Plus solarpunk, si je peux me permettre. L’IA fait le boulot invisible, les centaines de lignes de configuration, les schémas de base de données, les tests d’intégration, les routes SSR. Moi, je me concentre sur ce qui compte, les randos, le récit, les photos, les décisions éditoriales, l’âme du site.
Cette méthodologie, je l’applique aussi à mes projets pros chez Digitis, où plusieurs applications sont sorties ces derniers mois avec la même approche. Chacun place la frontière où il veut. La mienne est là, et j’essaye d’être le plus transparent possible sur le comment.
Ce qui arrive ensuite
Le site vit maintenant, mais il n’est pas fini, il ne le sera jamais vraiment. Dans les semaines qui viennent :
- Plus d’articles. J’ai du backlog. Des randos des Pyrénées que je n’ai pas encore documentées, des via ferrata belges récentes, des sorties hivernales si la saison le permet.
- Des captions plus fouillées sur les galeries photos anciennes. Certaines sont encore trop génériques.
- Des widgets météo plus fins sur les articles. En attendant, le fallback daily fait le job.
- Un système de wishlist publique pour les utilisateurs qui veulent partager ce qu’ils aimeraient faire.
- Peut-être une version anglaise à terme. Pas prioritaire.
Et ce journal restera ouvert pour raconter ce qui se passe en coulisses quand ça vaut le coup.
Si vous voulez suivre, créez un compte, mettez le site en favori, revenez de temps en temps. Si vous avez un bug ou une idée, envoyez-moi un mot. Si vous voulez soutenir sans rien dépenser, partagez une fiche qui vous a servi.
À bientôt sur un sentier.
