Au bord de la Meuse, coincée entre la nationale et le pont des Grands Malades, cette via ferrata namuroise ne paye pas de mine côté décor. Mais le rocher calcaire est superbe et le parcours est le plus varié du pays : tyrolienne, ponts de singe, ponts népalais, corde à nœuds et un rappel de sortie obligatoire qui filtre les visiteurs.
Ça faisait trois ou quatre ans que j’avais lancé le site, et tout ce temps cette via ferrata était sur ma liste sans que je m’y remette. Ce dimanche, je me suis enfin décidé à descendre jusqu’à Namur pour la refaire, des années après mon premier passage.
Soyons honnêtes sur le décor : on est coincé entre une grande route, le pont des Grands Malades et la Meuse. Ce n’est pas le cadre sauvage d’une rando alpine, loin de là. Mais une fois le nez collé au rocher, on oublie vite la nationale : le calcaire est vraiment beau, et le parcours compense largement l’environnement urbain.
Un détail d’accès à ne pas zapper avant de venir : la grotte de départ (le Trou des Charrues) est normalement fermée par un cadenas à code. Et ce code change régulièrement, exprès. Il faut donc le demander à l’avance au gestionnaire du site, la Société Spéléo de Namur, et être grimpeur fédéré et assuré. Le jour de mon passage, le cadenas n’était pas en place et je suis entré sans souci, mais ne comptez surtout pas là-dessus : prévoyez le code du moment avant de faire la route.
Le parcours le plus complet de Belgique
On n’est pas sur le niveau du Fond des Cris et son ED dans la seconde partie, faut pas déconner. Mais en cotation D, il y a quand même de quoi faire travailler les bras : pas mal de petits dévers, des passages où on descend, des traversées. On est souvent en force.
Ce qui rend cette via attachante, c’est sa variété. Elle démarre par une grotte, et enchaîne ensuite un peu tout ce qu’on peut trouver en via ferrata : des ponts de singe, deux ponts népalais, une corde à nœuds et une tyrolienne. Pour un parcours aussi court (200 mètres environ), c’est la plus complète du pays. On y touche à toute la panoplie en une matinée.
Mention spéciale à la corde à nœuds, sur laquelle il faut se laisser descendre. Pour qui n’en a jamais fait, c’est un petit moment particulier : plus de barreaux, plus de câble sous la main, juste une corde et ses nœuds espacés où caler les pieds et les mains. Il faut accepter de lui faire confiance et se laisser aller dans le vide en se tenant aux nœuds. La mienne était récente ce jour-là, mais ce n’est pas toujours garanti sur ce genre d’équipement fixe exposé aux saisons : jetez-y un œil et tâtez-la avant de vous engager dessus.
Le rappel de sortie, le vrai piège
Voilà le point sur lequel il faut être très clair, parce que je me suis fait avoir : la seule façon de sortir de cette via, c’est un rappel d’une quinzaine à une vingtaine de mètres. Pas de sentier de contournement une fois en haut. Le Club Alpin Belge impose une corde de 40 mètres et un descendeur, et il faut maîtriser la technique du rappel.
La blague du jour, c’est que la personne qui m’avait parlé de la via m’avait dit qu’on pouvait aller déposer la corde en haut avant de partir, pour ne pas la trimballer dans le sac. Du coup je suis parti sans. Sauf qu’arrivé au sommet, j’ai vu qu’il n’y avait aucun chemin pour redescendre déposer quoi que ce soit. Je me suis retrouvé bien coincé.
Encore heureux, on était dimanche et il y avait du monde. J’ai pu descendre sur la corde de rappel d’un voisin, avec un huit, sans même avoir de cordelette pour me faire un autobloquant. Bref : ne prenez surtout pas exemple sur moi. Venez avec votre corde de 40 mètres, votre descendeur, et de quoi vous contre-assurer. Le CAB recommande toujours un contre-assurage du bas ou un système d’auto-assurage, et ce jour-là j’ai bien compris pourquoi.
Tyrolienne : la bonne poulie, pas la poulie rapide
Petite mise au point matériel, parce que j’avais un doute moi-même et j’ai vérifié la consigne officielle du CAB. Pour la tyrolienne, c’est une poulie double qu’il faut, pas une poulie rapide. Le Club Alpin Belge est formel là-dessus, et il en prête une (la fameuse poulie double jaune) à rendre au secrétariat après usage.
On l’attache au câble porteur via une sangle reliée au pontet, on garde les deux mousquetons de la longe sur le câble ligne de vie en ouvertures opposées, et on se freine si besoin en tirant sur ces mousquetons, jamais en agrippant les câbles. La tyrolienne est courte mais ça part vite : freinez un peu avant la fin, sinon vous risquez de taper les genoux à l’arrivée.
C’est une via que je recommande franchement, à condition de venir équipé et de savoir gérer un rappel. Courte, dense, variée : on en a pour ses bras. Plus d’infos dans mon guide complet des via ferrata en Belgique.
Galerie
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Informations
Accès +
Le parcours démarre par une grotte (le Trou des Charrues) fermée par un cadenas à code, dont le code change régulièrement. Il faut le demander avant chaque visite au gestionnaire du site, la Société Spéléologique de Namur (grands-malades@ssn-speleo-namur.be), en précisant le nom du groupe, le responsable, la date et le nombre de participants ; une convention d'accès est à signer. Il faut être grimpeur fédéré et assuré (membre du CAB ou d'une fédération équivalente). Petit parking d'environ 8 voitures au pied du rocher, à gauche du chemin de gravier (derrière la pharmacie, route de Hannut à Bouge). Si c'est plein, se garer plus loin sans gêner les riverains.
Météo et conditions, Namur +
La météo, première sécurité
Le câble mouillé, c'est traître. Certains parcours ferment l'hiver ou en période de nidification, vérifie toujours les infos officielles avant de partir.
Avant de partir en via ferrata
Si l'apprentissage technique est moins complexe qu'en escalade, cette pratique comporte des risques qu'il ne faut pas sous-estimer. Si vous êtes débutant, je vous conseille fortement de partir les premières fois avec des personnes expérimentées ou de payer un accompagnement (clubs en Belgique ou un guide en montagne).
Je vous invite aussi à consulter le forum d'un ami sur le sujet :
S'informer sur les via ferrata, franceviaferrata.frN'hésitez pas à me contacter si je suis en Belgique pour grimper ensemble.
Le Belge Alpin
En savoir plus sur David →Questions fréquentes
Quel niveau faut-il pour la via ferrata des Grands Malades ?
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Niveau confirmé. La via est cotée D : beaucoup de dévers, de traversées et de passages où l'on tire sur les bras. Ce n'est pas le ED du Fond des Cris, mais ce n'est clairement pas une première via ferrata. Il faut une bonne condition physique, de la force dans les bras et ne pas avoir le vertige.
Pourquoi faut-il une corde et savoir faire un rappel ?
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Parce que la seule sortie de la via, c'est un rappel d'une quinzaine à une vingtaine de mètres. Le Club Alpin Belge impose une corde de 40 mètres et un descendeur. Si vous ne maîtrisez pas le rappel, ne vous engagez pas seul : il n'y a pas de chemin de contournement une fois en haut.
Quelle poulie pour la tyrolienne ?
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Une poulie double (le CAB en prête une, jaune, à rendre au secrétariat), avec deux mousquetons de sécurité et une sangle reliée au pontet. Surtout pas une poulie rapide : la consigne officielle du CAB est explicite là-dessus. On se freine en tirant sur les mousquetons de la longe, jamais en se tenant aux câbles.
Comment accède-t-on au site ?
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Le départ se fait par une grotte (le Trou des Charrues) fermée par un cadenas à code. Le code change régulièrement : il faut le demander avant chaque sortie au gestionnaire du site, la Société Spéléologique de Namur (grands-malades@ssn-speleo-namur.be), et être grimpeur fédéré et assuré (CAB ou équivalent). Le rocher se trouve à Bouge, au bord de la Meuse, juste au nord du pont des Grands Malades.
Combien de temps prévoir ?
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Environ 2 heures pour le parcours complet. Il est court (200 mètres environ), mais dense : grotte de départ, ponts de singe, ponts népalais, corde à nœuds, tyrolienne et rappel de sortie. Comptez le temps de mise en place du matériel et du rappel en plus.






